Vivre aux Seychelles

01 / 01 / 2020
Lifestyle

Île Cousine - archipel des Seychelles

 

Tout quitter pour aller vivre au soleil, qui n’en a pas rêvé ?

Je l’ai fait et Meejin France en est née… Mais tout ne s’est pas passé comme on pourrait l’imaginer !

 

Le départ

Épuisante mais sur une jolie pente ascendante, ma carrière dans la banque se déroulait devant moi pour les années à venir lorsque mon compagnon m’annonça qu’on lui proposait un poste à l’étranger. Ni lui ni sa peau n’ont jamais été de grands fans de la plage ou de la mer. Pour ma part, je me suis toujours définie comme une fille du soleil ! Alors quand il m’a annoncé que la destination était les Seychelles, quelques-unes de mes appréhensions n’ont plus fait le poids !

Il y a le rêve et il y a le chemin à parcourir… Je me suis donc investie à 100% dans cette expatriation, une grande première pour moi. Ce chamboulement m’a permis de sortir de ma routine, c’est le moins que l’on puisse dire !

Inscrire à distance les enfants dans une école à l’autre bout du monde, trouver un logement dans l’hémisphère sud, ranger, empaqueter, planifier le déménagement de ce qui m’a semblé être des millions de mètres cubes. C’était herculéen mais mon énergie était décuplée !

Je ressentais déjà les bénéfices de ce changement avant même de mettre le pied dans l’archipel.

 

Anse Source d'Argent - Praslin - Seychelles

 

La réalité de l’arrivée

On a toujours loué mon énergie et mon dynamisme, je n’allais pas faire mentir mes amis. J’ai donc saisi à bras le corps cette expérience pour la mettre à profit. J’ai très vite travaillé en particulier pour le bureau du président des Seychelles ! Car si le nom de ce chapelet d’île paradisiaques évoque les vacances, je n’étais pas là pour le farniente pendant quelques semaines mais bien pour y résider plusieurs années.

Mais je ne voudrais pas alimenter le fantasme d’une réussite professionnelle programmée. Travailler aux Seychelles est difficile, assez logiquement ce petit pays protège sa population et préserve son économie en privilégiant systématiquement ses nationaux.

 

Mee Jin / Séverine en route pour la Mare aux Cochons sur Mahé - Seychelles Mee Jin devant une formation granitique aux Seychelles et un mystérieux étranger

Difficile aussi de ne sombrer ni dans la caricature ni dans l’angélisme. Donc, je me limiterai à parler d’un ajustement nécessaire quand on arrive d’ailleurs pour trouver sa place culturellement et professionnellement.

La recherche du logement a été un véritable parcours du combattant. J’ai finalement posé nos bagages sur une crète granitique de l’île principale, Mahé, avec une vue imprenable sur Sainte-Anne et l’île aux cerfs. Oui, oui, celle que chante Julien Doré !

 

Pour les amoureux de la nature

Cocotier - Seychelles

Cette maison nous a réservé de belles surprises et fourni d’incroyables souvenirs. Je me rappelle encore avec un sourire aux lèvres des questions du quotidien que je n’ai plus guère l’occasion de poser depuis mon installation dans la Sarthe. « Est-ce que tu peux aller cueillir quelques papayes dans le jardin, s’il te plaît ? » « Le jacquier est tombé ? ».

Je me souviens aussi de ce soir où je suis allé cueillir de la citronnelle dans le jardin pour préparer une infusion à des amis de passage. Sans le savoir, j’ai ramené sur un brin d’herbe, un minuscule caméléon que nous avons admiré le souffle court avant de le rendre à sa plante favorite. Des rencontres de cet acabit avec la nature, j’en ai encore plein la tête et le cœur.

Les Seychelles, ce nom qui sent bon l’ylang-ylang, la cannelle, la coco on encore les cocktails exotiques sirotés sur une plage de sable fin devant une mer turquoise. Ce pays n’est-il qu’une image de carte postale aux couleurs retouchées et saturées ? Suis-je complice d’alimenter un fantasme ?

Ramboutans des Seychelles Piscine à débordement au sud de Mahé - Seychelles

Autant le dire sans tergiverser : la nature est reine sur cet archipel paradisiaque et d’une beauté que je n’ai trouvé nulle part ailleurs.

Rien ne peut décrire la stupéfaction d’arriver sur Anse Marron après une heure et demie de trekking et de découvrir cet espace vierge, pur au sable aussi blanc et fin que de la farine. Ce coin de paradis bordé est par des rochers de granit sculptés par le vent et la mer posés là pour protéger la plage. On admire ce refuge naturel pour une faune marine curieuse de ne pas bien connaître l’homme.

Plonger à quelques encâblures de La Digue, c’est l’assurance de croiser une tortue de mer, un requin de récif, des perroquets aux couleurs éclatantes ou des napoléons en baguenaude.

Pourquoi la nature est-elle aussi préservée ? Je ne suis pas océanologue mais quelques évidences s’imposent. La population n’excède pas cent mille habitants et se répartit sur quelques-unes des 115 îles sur 388500 km². Un chiffre abstrait qui n’évoque peut-être pas grand-chose alors disons simplement que cela représente à peu près 12 fois la Belgique. Les Seychelles sont donc peu peuplées et isolées au milieu de l’Océan indien, loin de leurs voisins et sur des routes maritimes finalement peu fréquentées. L’industrie y est peu développée et j’aime à penser que la douceur d’y vivre vient des alizés, de sa faune et de sa flore extraordinaires.

Mee Jin / Séverine en étoile de mer dans les eaux limpides et turquoise des Seychelles


Mes premières crèmes

Se faire dorloter dans un hôtel est un programme qui peut convenir à beaucoup pour un séjour court et ressourçant mais comme je l’ai écrit, j’étais là pour découvrir ! Lors d’une excursion vers la mare aux Cochons sur les hauts de Mahé, je suis tombé sur une des ruines d’une ancienne exploitation de cannelle. En posant des questions à des Seychelloises, j’ai appris que de nombreuses plantes étaient exploitées dans le passé sur les îles principales et certaines pour leur vertu médicinale ou leurs propriétés curatives.

Parallèlement, mes amis puis des connaissances se sont mis à me demander des produits pour leur usage quotidien. L’approvisionnement des crèmes solaires ou cosmétiques était aussi problématique que celui du lait là-bas ! Et il faut dire que les retours des premiers utilisateurs m’avaient donné une certaine réputation. L’action spectaculaire d’une de mes préparations sur les coups de soleil de mon conjoint après une balade en bateau au large de Praslin et la protection que je lui ai préparée par la suite n’étaient pas non plus étrangères à ces sollicitations.

Une idée a commencé à faire son chemin, l’idée est devenue un projet et je suis parti pour l’Afrique du Sud afin de ramener le nécessaire pour fabriquer sur place, cosmétiques, crèmes, et autres baumes. Un alambic devait faire parti du voyage retour… mais c’est une autre histoire !

À suivre…

Et vous, quel est votre plus beau voyage ?

PS : en cadeau quelques images prises lors de notre vie aux Seychelles…